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L’orthophoniste : un professionnel essentiel au développement et à la rééducation du langage

L’orthophoniste est un professionnel paramédical spécialisé dans la prévention, le dépistage, l’évaluation et le traitement des troubles de la communication humaine, qu’ils soient liés au langage oral et écrit, à la voix, à l’audition et à la surdité, ou encore à la déglutition.

Ces difficultés peuvent être d’origine congénitale (autisme, retard de langage, troubles intellectuels), liées à des accidents vasculaires cérébraux (AVC), des traumatismes crâniens, ou des maladies neurologiques (maladie de Parkinson, sclérose en plaque, maladie d’Alzheimer et apparentées…), à des troubles de l’audition, ou survenir après des opérations des organes liés au langage, à la parole et à la déglutition.

L’orthophoniste intervient à tous les âges de la vie, auprès des enfants, des adultes et des personnes âgées.

Concrètement, son rôle dépasse la simple “correction”, car l’orthophoniste contribue à l’autonomie communicationnelle et sociale du patient, avec une approche individualisée et très souvent interdisciplinaire.

Sa mission

L’orthophoniste ne travaille que sur prescription médicale : c’est au médecin généraliste ou au spécialiste (oto-rhino-laryngologiste, pédiatre, psychiatre, neurologue, gérontologue...) de délivrer une ordonnance pour que son patient puisse aller faire un bilan orthophonique. Dans sa pratique, l’orthophoniste est soumis au secret professionnel.

L’orthophoniste peut intervenir sur de nombreux troubles, comme ceux liés à l'apprentissage et à la lecture (dyslexie), au langage écrit et oral, à la parole, à la respiration, à la déglutition et à la voix (après un cancer de la sphère oro-bucco-pharyngée, ou une laryngectomie, par exemple). 
Il peut également effectuer une rééducation orthophonique pour des personnes atteintes de perte d’audition ou de surdité.

Toute rééducation commence par un bilan orthophonique, à savoir une série de tests pour connaître la nature des troubles du patient, lui permettant d’établir un planning de séances.
Au cours de ces séances, l'orthophoniste utilise des exercices techniques adaptés aux troubles identifiés, et l'une de ses compétences principales est de concevoir et de mettre en œuvre des programmes de rééducation personnalisée pour chacun de ses patients, en fonction de la personne, de son degré d’atteinte et de ses capacités.  

Il fait également le suivi de l’évolution du patient au fil des séances, et joue aussi un rôle de conseil et d’information en apportant un soutien auprès des familles et/ou des aidants.  

Il collabore en général aussi avec d’autres professionnels de santé (médecins, psychologues, orthoptistes, médecin ORL, etc) pour un suivi multidisciplinaire.

Orthophoniste enfant malentendant


• UN PEU D’HISTOIRE… Le terme “orthophonie”, du grec “droit”, “régulier” et “voix” est apparu en 1829 lorsque le docteur Marc Colombat de l’Isère, surnommé “l’apôtre des bègues”, ouvre son Institut Orthophonique de Paris, qui s’intéressait au traitement du bégaiement. Ce médecin français est un pionnier dans la conceptualisation de l’orthophonie comme une discipline distincte, basée à l’époque sur la correction des « maladies de la voix et des vices de la parole ». La véritable structuration de l’orthophonie en France se fait, dès 1926, grâce à Suzanne Borel-Maisonny, considérée comme la fondatrice de la profession moderne. En 1955, se créent les premiers enseignements de l’orthophonie (à Lyon, Paris, puis Bordeaux et Marseille) sanctionnés par une attestation d’études d’orthophonie. Et c’est seulement en 1964 que la profession d’orthophoniste reçoit un statut légal, en même temps que la création d’un diplôme national : le Certificat de capacité d’orthophoniste.

LA NOUVEAUTÉ, DEPUIS JANVIER 2026 !
Publié le 24 janvier 2026 au Journal Officiel (et entré en vigueur), un nouvel arrêté redéfinit et élargit le champ de prescription des orthophonistes. Le but ? Renforcer l’autonomie des praticiens et fluidifier le parcours de soins des patients, notamment en matière de réhabilitation respiratoire et auditive. Désormais donc, l’orthophoniste peut prescrire d’emblée, sans attendre une première ordonnance médicale (sauf opposition du médecin), des outils essentiels pour les patients.

Sont désormais accessibles en prescription initiale :

L’audition : Les accessoires pour implants cochléaires.
Et aussi, la phonation : valves “mains libres” et accessoires (kits de réglage, nettoyage). La protection respiratoire : boîtiers (standards, obturateurs), embases, pièges à sécrétions, filtres et adhésifs. Les consommables : cassettes et supports autoadhésifs à usage unique. L’aide technique : le laryngophone, fait son entrée explicite dans cette liste.

Cette autonomie renforcée s’accompagne d’un devoir de transparence. L’article 3 stipulant que l’orthophoniste doit informer le prescripteur initial de toute adaptation et qu’il doit, le cas échéant et avec l’accord du patient, en informer tout autre médecin désigné.

Où consulter un orthophoniste  ?

L’orthophoniste exerce dans différentes structures : en cabinet libéral, dans les hôpitaux ou cliniques, dans les centres de rééducation, ou au sein d’établissements médico-sociaux…

24 600 orthophonistes exercent en France en 2025 (*), soit une moyenne de 30 orthophonistes pour 100 000 habitants. Malgré la forte demande et la pénurie d’orthophonistes, le nombre de professionnels formés chaque année est insuffisant, ce qui limite l’accès aux soins et complique la prise en charge des patients.

Comment devenir orthophoniste ?

Pour exercer, il faut obtenir le Certificat de capacité d’orthophoniste, un diplôme reconnu qui confère le grade de master (bac +5). La formation dure cinq ans après le baccalauréat et alterne cours théoriques (anatomie, linguistique, psychologie) et stages cliniques, formant des professionnels capables de prendre en charge une grande diversité de pathologies.

L’accès à cette formation est extrêmement compétitif, avec une sélection sur dossier Parcoursup suivie d’un entretien oral. La durée et la sélectivité (les quotas sont fixés par arrêté ministériel) expliquent en partie la tension entre la demande de praticiens et le nombre de diplômés.

Une proposition de loi (adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, le 3 avril 2025, et en attente de promulgation) prévoit de mettre en place une programmation de quotas d'entrée en études d’orthophonie pour les années 2025-2030. Le nombre d'étudiants admis en centre de formation universitaire en orthophonie (CFUO) est ainsi porté de 975 en 2024 à 1073 en 2025, et progressera pour atteindre 1 463 en 2030. Il s'agit de garantir une hausse des effectifs conforme aux besoins actuels, en s’appuyant sur les objectifs fixés lors des Assises de la pédiatrie et de la santé de l’enfant en mai 2024.

Le texte propose également de modifier, dès la rentrée universitaire 2026, l'appellation du diplôme de cette profession paramédicale : l'actuel “Certificat de capacité d'orthophoniste" (qui date de 1964) sera remplacé par un "diplôme d'État d'orthophonie". L'objectif étant de prendre en compte l'évolution de la formation et des compétences des orthophonistes.

Orthophoniste enfant problème auditif


POUR SE RENSEIGNER…
Fédération Nationale des Orthophonistes (FNO)
Fédération Nationale des Étudiants en Orthophonie (FNEO)
Fédération des Orthophonistes de France (FOF)


Sources : (*) FNO (Fédération nationale des orthophonistes), fno.fr. Le livret FNO 2025 (démographie, etc.) ; Onisep, métier ; Pour-les-personnes-agees.gouv.fr (site officiel d’information pour les personnes âgées et leurs aidants) ; Site du gouvernement : vie-publique.fr ; France compétences (France-compétences.fr).

 

Les informations fournies sur le site Guide-Audition.fr sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation directe entre le patient (ou visiteur du site) et les professionnels de santé. Cet article a été rédigé le 03/02/2026.

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