Le bruit au travail : l’impact des nuisances sonores sur la santé et la qualité de vie des salariés
La 10e édition du Baromètre « Bruit et nuisances sonores au travail » met en lumière la persistance des nuisances sonores en milieu professionnel et leurs répercussions sur le bien-être des salariés. Pour mieux comprendre l’impact des acouphènes sur les actifs, l’Association Nationale de l’Audition (ANA) mène une grande étude scientifique et lance un appel à participants.
Egalement, l’enquête « Bruit et nuisances sonores au travail », réalisée par OpinionWay pour l’Association Nationale de l’Audition (ANA), a été menée en octobre 2026 auprès de 1 046 personnes âgées de plus de 18 ans exerçant une activité professionnelle. Selon les résultats du sondage, 59 % des actifs déclarent être gênées par le bruit sur leur lieu de travail, un chiffre légèrement en hausse par rapport à celui l’année précédente (56 %).
Les nuisances sonores concernent tous les secteurs professionnels
Parmi les actifs travaillant au sein d’ateliers, de chantiers et de chaînes de production, 68 % se déclarent gêné par le bruit au travail. Si le milieu industriel et le secteur du BTP restent les plus touchés, tous les secteurs professionnels sont concernés. Les salariés travaillant en open space sont également nombreux à déclarer une gêne liée aux nuisances sonores (64%).
Pour les personnes bénéficiant du télétravail (un quart des actifs occupés), 55 % ont répondu que l’exposition au bruit est plus faible à leur domicile, alors que 18 % jugent qu’elle est plus, forte que sur leur lieu de travail. Les résultats du sondage montrent que certains facteurs influencent ces perceptions (notamment le travail en bureau individuel ou en open space, l’âge ou l’aisance financière).
Le bruit au travail entraîne des répercussions physiques et auditives
Près de trois quarts des actifs (74%) citent au moins une répercussion physique liée aux nuisances sonores sur leur lieu de travail. Parmi cet échantillon, la moitié (52%) ressent au moins une répercussion auditive (gêne auditive, acouphène ou baisse de l’audition).
Les conséquences citées sont multiples et variées, et touchent à la fois la santé physique et mentale. Les principales sont la fatigue, la lassitude et l’irritabilité, suivie des difficultés de concentration et du stress.
En comparant avec l’évolution des résultats depuis 2023, on observe que pour la répercussion physique, les résultats sont similaires à ceux des années précédentes. Mais année après année, le nombre d’actifs citant une répercussion auditive augmente (augmentation de 7% en 4 ans).

Les salariés attendent d’être plus écoutés et mieux informés sur les risques
Pour faire face aux nuisances sonores, les employeurs sont en première ligne et des solutions sont proposées ou mises en place dans de nombreuses entreprises. Plus de la moitié des personnes interrogées en citent au moins une. Les principales sont la mise à disposition de protecteurs individuels contre le bruit (bouchons d’oreille) et de casques de communication spécifiques. Le réaménagement des espaces est également cité, particulièrement dans le cadre des open-space. Quant aux dépistages de l’audition au sein de l’entreprise, ils sont en bas de la hiérarchie des solutions proposées, et en recul comparé aux autres années.
Si les entreprises ne sont pas inactives, les salariés attendent des mesures qui vont plus loin. Près de la moitié (49%) demandent une meilleure prise en compte de leurs remarques et idées pour réduire le bruit sur leur lieu de travail. Plus d’un tiers aimerait être mieux informés sur les risques de l’exposition au bruit sur l’audition. L’investissement dans des équipements moins bruyants, particulièrement pour le secteur industriel est également cité, suivi par un plus grand soutien des collègues et de la hiérarchie.
Une étude pour évaluer l’impact des acouphènes sur le risque de burn-out
En France, on estime que 16 millions de personnes sont touchées par les acouphènes (selon une enquête Ipsos). En partenariat avec Siopi, la Fondation Écouter Voir et France Acouphènes, l’Association Nationale de l’Audition (ANA) mène l’étude EPPECAe (Évaluation des pratiques d'accompagnement des acouphènes en entreprise) pour mieux comprendre le retentissement des acouphènes sur la vie professionnelle.
Les premiers résultats, obtenus à partir d’une cohorte de 158 participants, montrent que l’intensité des acouphènes sont liés aux signes de burn-out, en particulier l’épuisement et les plaintes psychiques. En analysant l’expérience des patients dans leur parcours de soin, l’étude met également en lumière l’importance de la considération. Plus l’acouphène est important, moins la personne se sent considéré et écouté à la hauteur de ce qu’elle ressent.
Pour renforcer ces résultats, et atteindre l’objectif de 1 200 participants, l’Association Nationale de l’Audition (ANA) appelle les actifs concernés par les acouphènes à participer en répondant au questionnaire de l’étude EPPECAe. Si vous êtes concernés, participez !
Le bruit au travail : conséquences sur la santé
De nombreux métiers sont exposés à des niveaux sonores élevés. Selon le baromètre de l’Ifop et de la Journée National de l’Audition, en 2023, près de la moitié des actifs en poste (45%) déclaraient que le bruit au travail a au moins une répercussion pour leurs oreilles sur leur quotidien.
Semaine du bruit au travail : agir pour la santé auditive des actifs
Du lundi 12 au vendredi 16 octobre 2026, l’Association Nationale de l’Audition (ANA) organise une nouvelle édition de la Semaine de la Santé Auditive au Travail.
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Baisse d'audition subtile, difficulté à suivre une conversation dans le bruit... La perte auditive s'installe le plus souvent de manière insidieuse. Pourtant, le dépistage précoce est un enjeu médical fondamental. Agir tôt permet non seulement de préserver ses interactions sociales et de s'adapter plus facilement aux aides auditives, mais avant tout de protéger sa santé cognitive. La science le prouve aujourd'hui : traiter son audition permet de protéger son cerveau et de freiner le déclin cognitif.