Surdité de transmission | Le Guide De L'Audition
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Surdité de transmission

La surdité de transmission est une entité clinique bien définie au sein des troubles de l’audition. Elle correspond à une altération de la conduction des sons depuis l’environnement jusqu’à l’oreille interne, malgré des structures neurosensorielles intactes. Cette surdité est le fait de mécanismes mécaniques ou obstructifs situés au niveau de l’oreille externe ou moyenne qui empêchent le son de parvenir efficacement à la cochlée. Elle est souvent réversible, contrairement à la majorité des surdités de perception. Cette forme de surdité est distincte de la surdité neurosensorielle (due à un défaut de l’oreille interne ou du nerf auditif) et de la surdité mixte qui combine les deux mécanismes (voir articles dédiés).

Épidémiologie et impact de la surdité

Les troubles auditifs constituent un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 5 % de la population mondiale est aujourd’hui atteinte d’une déficience auditive significative nécessitant prise en charge, et ce chiffre pourrait atteindre près de 25 % des individus d’ici à 2050 sans mesures de prévention renforcées.

Dans les pays à revenu élevé comme en France, environ 10 % de la population présente des troubles auditifs de diverses origines. Ces données incluent cependant l’ensemble des surdités. Si la prévalence spécifique de la surdité de transmission est plus difficile à isoler dans les données globales, des séries cliniques montrent qu’elle constitue une part non négligeable des troubles auditifs chez certaines populations (jusqu’à 8 % de pertes auditives chez des enfants scolarisés dans certaines études épidémiologiques).

La surdité de transmission peut toucher toutes les classes d’âge mais elle est plus fréquente chez l’enfant du fait de l’incidence élevée des otites moyennes, principale cause dans cette tranche d’âge. Elle tend à diminuer avec l’âge comparativement aux surdités neurosensorielles, liées au vieillissement.

Mécanismes physiopathologiques

L’oreille se compose de trois segments principaux :

  • L’oreille externe, comprenant le pavillon et le conduit auditif externe.
  • L’oreille moyenne, qui inclut le tympan et la chaîne des trois petits osselets (marteau, enclume, étrier).
  • L’oreille interne, où la cochlée transforme les vibrations en signaux nerveux.

L’audition normale dépend de la transmission mécanique des ondes sonores depuis l’oreille externe jusqu’à l’oreille interne, où elles sont converties en influx nerveux (voir article Entendre, comment ça marche).  Dans une surdité de transmission, l’un des éléments de cette chaîne est perturbé, empêchant la transmission correcte des ondes sonores vers la cochlée, bien que la structure interne demeure intacte. 
Les principales anomalies pouvant être impliquées sont les suivantes :

  • Obstruction mécanique du conduit auditif externe (bouchon de cérumen, corps étranger, malformation congénitale, cholestéatome).
  • Lésions ou perforations du tympan (infections aigües ou chroniques, traumatisme).
  • Traumatismes ou malformations des osselets (discontinuités, otospongiose).
  • Malformations congénitales du conduit ou de la caisse du tympan.

Ces différents mécanismes conduisent à un affaiblissement de la conduction aérienne, mesurable en audiométrie, alors que la conduction osseuse reste relativement préservée, caractéristique qui permet de distinguer ce type de surdité lors des tests auditifs.


Présentation clinique et symptômes

Les personnes atteintes d’une surdité de transmission perçoivent les sons moins forts, sans altération majeure de la qualité du son lui-même. Les sons ne sont pas déformés mais simplement atténués.

Les symptômes typiques peuvent inclure une baisse de l’intensité auditive générale, une sensation d’oreille « pleine » ou bouchée, des difficultés à suivre une conversation sans amplification, et d’éventuels acouphènes légers, ainsi que des douleurs ou écoulements en cas d’infection. Chez l’enfant, ces signes passent parfois inaperçus, mais peuvent se traduire par des difficultés scolaires, une élévation du volume des appareils ou une irritabilité.

En revanche, un symptôme typique est une meilleure compréhension de sa propre voix que des voix externes.


Conséquences fonctionnelles et qualité de vie

Les conséquences d’une surdité de transmission non prise en charge peuvent être multiples. Sur le plan fonctionnel, la diminution auditive gêne la communication verbale quotidienne, surtout dans des environnements bruyants.

Chez l’enfant, une perte auditive même temporaire peut retarder le développement du langage, altérer la lecture et les apprentissages scolaires. Chez l’adulte, l’isolement social, l’augmentation de la fatigue cognitive et une réduction de la participation à des activités sociales sont des préoccupations cliniques courantes.


Approches diagnostiques

Le diagnostic repose généralement sur une anamnèse complète, l’examen clinique ORL et des tests audiométriques standard (audiogramme tonal). La comparaison entre conduction aérienne et conduction osseuse est essentielle pour caractériser une surdité de transmission.

L’otoscopie permet d’identifier des anomalies visibles du conduit auditif ou du tympan. Des examens complémentaires (tympanométrie, scanners) sont parfois nécessaires pour évaluer des malformations ou des lésions osseuses.


Traitements et prise en charge

Le traitement de la surdité de transmission est étroitement lié à sa cause. Les options incluent dans les cas réversibles ou obstructifs simples, l’élimination du bouchon de cérumen ou le traitement d’une infection de l’oreille moyenne pour restaurer l’audition sans intervention chirurgicale.

Dans des situations chroniques ou structurelles, des interventions chirurgicales telles que la réparation du tympan (tympanoplastie) ou la reconstruction des osselets (ossiculoplastie) peuvent être envisagées, parfois accompagnées d’une stapedectomie dans le cas de l’otospongiose (voir article dédié).

Dans certains cas, surtout si une correction chirurgicale n’est pas indiquée, l’appareillage auditif, voir l’utilisation de dispositifs à conduction osseuse peuvent améliorent la capacité auditive et la communication.


Perspectives de recherche

La recherche sur les troubles auditifs progresse dans plusieurs directions visant à améliorer le diagnostic, la prévention, et le traitement des surdités, y compris sous l’angle chirurgical et réadaptatif.

Des efforts de recherche fondamentale explorent également les mécanismes moléculaires et génétiques de certains troubles auditifs associés à des malformations de l’oreille moyenne.

Plus globalement, l’amélioration des technologies d’assistance auditive, l’intégration de solutions numériques avancées et l’optimisation des protocoles de dépistage précoce demeurent des axes prioritaires pour réduire l’impact fonctionnel des surdités.
 

Sources : Pasteur.fr. Inserm.fr. Pasteur.fr

Les informations fournies sur le site Guide-Audition.fr sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation directe entre le patient (ou visiteur du site) et les professionnels de santé. Cet article a été rédigé le 03/02/2026.

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